Corps sensibles (Part 2)

Le regard des 1ères CAV sur les 5 courts-métrages vus au Multiplexe Megarama de Boulogne-sur-Mer, dans le cadre du dispositif « Lycéen au cinéma », ayant pour thème le corps.

Photogramme du plan final de Plongeons (Ten Meter Tower) de Maximilien Van Aertryck et Axel Danielson

Les différents court-métrages abordent le thème du corps par différents dispositifs qui ont pour ambition de susciter la sensibilité, l’empathie du spectateur sur la maladie, le handicap, la transidentité, le vertige, ou encore l’identité d’un acteur. Les mises en scènes choisies donnent du corps et du sens à ce qui est montré dans les différents court-métrages. Ainsi, dans Sous l’écorce d’Ève-Chem De Brouwer, il y a un plan sur la protagoniste où l’on réclame le silence, où on est plongé dans une sorte de bulle où seul le ruissellement de l’eau sur le corps et la terre se fait entendre. De plus, la position fœtale de l’actrice inspire l’empathie, suscite l’émotion en révélant la fragilité du personnage. D’une manière générale, l’eau joue un rôle important dans ce court-métrage dans le sens où elle symbolise une sorte de renaissance du personnage.

Par ailleurs, les genres privilégiés par les réalisateurs/réalisatrices sont très variés : deux des films sont des documentaires en forme de portrait, l’un sur un jeune acteur (Kacey-Mottet Klein, naissance d’un acteur) et l’autre sur un homme trans (Enzo) : 2 naissances à soi, 2 révélations, 2 accomplissements. Le film d’animation, Le sens du toucher, traite de la connexion sociale mais aussi du regard d’autrui. Le court-métrage invite le spectateur à envisager une nouvelle perception du monde, celle de 2 personnes malentendantes et muettes et tente de lui faire ressentir ce que peuvent éprouver ces personnages à travers le choix de l’animation.

Deux fictions ont particulièrement retenu notre attention (en positif pour Enzo ; en négatif pour Plongeons) par leur approche fragmentaire. Dans Enzo, grâce au défilement de photographies cadrées rigoureusement, la réalisatrice Serena Porcher-Carli empêche le spectateur de chercher ce qu’il n’y a pas, tout en évitant de se focaliser sur les aspects physiques. L’attention est recentrée sur la voix off et sur le témoignage : lorsque l’on découvre, à la fin, la personne qui parle, dans une forme de conclusion, on perçoit mieux l’humain. On comprend davantage l’intérieur plutôt que de s’intéresser à l’extérieur.

Plongeons a été perçu comme monotone par ses plans fixes et ses choix de montage audacieux (le split-screen) faisant de ce dernier court-métrage une expérience déstabilisante bien qu’en termes de mise en scène, cela était très intelligent… au point de susciter des avis divergents et des questionnements profonds sur l’art de la mise en scène.

Groupe de 1ère CAV : Clovis, Giuliana, Lucie, Solène, Lélia, Louise, Laura, Ellyot, Vadim, Romane, Coline et Paul.